Accueil // Le Sidh

Les Tuatha de Danann régnèrent jusqu’à l’arrivée de la cinquième et dernière race d’envahisseurs, les fils de Mil ou Goidels (ou encore Gaëls), nommés ainsi d’après leur chef légendaire Mil Espaine. Les Milésiens étaient venus pour deux raisons : la première pour venger la mort d’Ith, grand-père de Mil qui était venu en Irlande avec tout son équipage. La seconde était que les druides leur avait dit que l’Irlande était leur terre promise.
La terre où ils débarquèrent était, à cette époque, gouvernée par les trois petits-fils de dagda et leur épouses Banba, Fotla et Eriu, toutes trois déesses de suzeraineté. Les trois familles régnantes débattaient du partage du pays lorsque les Milésiens se présentèrent à l’embouchure de la Boyne et ordonnèrent aux Dannans de leur livrer l’île.

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Après une bataille fatale aux trois rois, un compromis fut conclu : les Milésiens régneraient sur la partie visible du monde, tandis que les Tuatha De Danann régneraient sur l’Autre-Monde, partie invisible situé en dessous de la terre. Les Dananns ont donc du se réfugier dans les entrailles de la terre. Ils ont fixé leur demeures dans les dolmens et les tumulus, sous les collines et dans les palais de verre au fond des lacs et des océans.
L’ensemble des ces habitats constituent l’Autre Monde, le monde merveilleurx du bonheur et de la paix que les Irlandais appellent le « Sidh ». Mais l’Autre Monde est également situé de l’aute côté de l’océan où il n’y a ni souffrance ni mal, où tout est beau et pur. Elle porte dans la tradition gaélique, les noms de « Tir Nan-Og » (la terre des jeunes), « Tir na m-Beo (la terre des vivants), « Madg Meld » (la plaine de la joie), « Trir Tairngire » (la terre du bonheur), « Mag Mor » (la grande plaine), « Tirr Aill » (l’autre monde) ou enfin « Tir na ù-Ban » (la terre des femmes).
L’Irlande fut ainsi laissée aux mains des Milésiens et de leur descendants, les Gaëls.

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Si les dieux peuvent venir et déambuler à leur guise dans le monde des humains, l’inverse n’est que rarement possible. Seuls des héros, des êtres exceptionnels, tel Cúchulainn, Conle ou Bran Mac Febail ont le privilège de visiter et de séjourner dans le Sidh, généralement à l’invitation d’une Bansidh. Éternel par essence, tout homme qui y pénètre ne peut revenir à la condition humaine. Ainsi ces hommes qui croient passer quelques heures ou quelques jours en compagnie des dieux et y restent plusieurs siècles. Quand ils reviennent chez eux, ils tombent en poussière car ils sont morts depuis longtemps. La période de Samain (nouvel an des Celtes, vers le 1er novembre) est propice à l’ouverture des sidh.

Sidh, l’autre monde

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L’étymologie de ce mot signifie “Paix” en celtique et, par extension, “paradis”, Vindomagos gwenva en Breton.
Le mot germanique Seidhr signifie magie et désigne la science de Freyja la Vane, science qu’elle apprit aux Ases car la magie est d’abord la science de l’évocation des ancêtres morts, de leur esprit “bon” (ce qui se dit Mânes pour un Romain).
Cet art chamanique d’évocation des morts était cependant interdite chez les Ases et Wotan seul la pratiquait comme Grand Prêtre des Ases. Mais Sidr serait le terme le plus approprié pour traduire notre mot “religion”, concept qui n’existait pas chez les Germano-Scandinaves : ils étaient “reliés” par leurs croyances et leurs rites…

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Siden en vieil anglais signifiait encore “magie” mais, il a maintenant un sens péjoratif, car post évangélique. Appartenant à la famille des “ouvrages de terre sacrés” (rath en anglais), ce sont les tumulus des ancêtres fondateurs.
En Lapon un autel se dit seid, ce qui est aussi la « pierre sacrée » chez les Grecs et ils ressemble tellement à Sidh qu’on ne peut que les rapprocher du rite celtique du sacrifice des prémices aux Dieux qui se fait sur la table du vieux dolmen de nos ancêtres mégalithiques, laquelle comporte souvent des cupules.
En Sardaigne, le dieu éponyme est Sardus pater et les Sardes disent qu’il descend de Sid, “une divinité sylvestre punique honorée par les chasseurs à Antas”.

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De nombreux termes indous contiennent la même racine, citons : Siddhapura, qui est une cité mythique “d’au delà des mers” et qui est “la ville des parfaits” (Le Site du feu, le Pharos phrison, ou le Site des Purs) ; les siddhis qui sont des “niveaux de conscience supérieure” ou “des pouvoirs (dits) magiques” obtenus par la pratique du Yoga, et aussi les saddhus qui sont des moines errants

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Dans les Mythologies celtiques, on dit que les Sidhs s’entrouvrent la nuit de Samhain pour permettre à chacun de communiquer avec les Mânes des grands ancêtres fondateurs du clan (les “bons” esprits Halloween).
En langage poétique, le Sidh est comparé à la grande plaine Mag Meld, “la plaine du plaisir”, ou la “terre des femmes”, la “terre de la jeunesse Og ou Oc” Tir na n’og, la “terre de promesse” ou ”terre des vivants”, et la “terre des fées” : on voit très bien les parallèles entre Sidh, Paradis et Monde englouti, c’est à dire l’Autre Monde, l’Au delà : l’Eau de là, dans le “langage des oiseaux” que pratiquaient les troubadours :
« L’Autre Monde n’a rien à voir avec son interprétation infernale propre au monothéisme puisqu’il regroupe à la fois le Monde des Dieux (engloutis), celui des Esprits et celui des Ancêtres morts. Difficile de dire alors si cet “Autre Monde” est situé dans les entrailles de la terre ou au dessus de nos têtes. »

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« Le Sidh est la partie visible de l’Autre Monde… On peut également les localiser dans les Îles, au delà de l’Océan… Et toute divinité occupe un Sidh qui, par sa nature, est en dehors du temps et de l’espace et s’entre ouvre chaque Nuit de Samhain… »
Ceci explique que nos Bretons les nomment des “Tertre aux Fées”. On a vu en effet que si les corps des ancêtres ou des enfants morts sont inhumés ou incinérés, leur esprit s’envole au ciel “dans le soleil” par le truchement d’un oiseau : Grue sacrée des Frisons/ Cygne des Germains de la forêt/ Cigogne des Alsaciens ou encore l’alouette gauloise alauda. De même, c’est cet “oiseau” qui rapportera l’esprit du genos/ clan lors de la naissance du nouveau-né. »

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« Le scribe qui copia le conte de Cûchulainn et de la fée Fann conclut par ces mots : “ceci est l’histoire de la destruction de Cûchulainn par les gens du Sid (résidence des esprits). Car la puissance des démons était grande avant la Foi (chrétienne), et elle était telle que les démons combattaient alors corporellement contre les hommes et leur révélaient des prestiges et des mystères ; et l’on croyait qu’ils étaient immortels. Et ce sont ces fantômes que les ignorants appellent Sîd (esprits) et aes sîde (gent du Sîd)”.
La Skuthi/ Skythie est, chez les irlandais, un des noms de l’Autre Monde, ce que nous rapprocherons de la Scythie des Grecs qui était probablement la matrie archaïque de ces Celtes “éclaireurs” – scouts en anglais  – qui, après leur “grand trek”, se sont établis dans la région pontique. Remarquons donc une parenté probable entre Sidh, Scythe et Celte/ (s)Kelt/ Kelt…

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Mais la racine “sombre”, scâth, se retrouve dans le personnage mythologique Scâthach “l’ombreuse” tout comme dans celui de l’Écosse/ Scottia, mais aussi dans Scandia/ Scandinavie.
L’Autre Monde est pour les Lettons vina saule, littéralement “l’autre soleil”, la partie du monde où le soleil dort la nuit, par opposition à si saule “ce Soleil”  qui est la partie du monde ou vivent les hommes et où brille le soleil. Les deux forment “l’Univers sous le Soleil” … le Cosmos. On remarquera que cette racine vina se trouve dans Vinéta, l’Ys des Germains, dans le Vin-land des Vikings et, sans doute aussi, dans Vanes et Vénètes ; ainsi que la racine saul “sol, Sul, la soleil”, mais aussi Saüle “pilier”.

Source : http://lieuxsacres.canalblog.com

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